Les premières révisions ont commencé le 4 avril, et nous sommes le 11 juillet. J’ai le sentiment de ne pas avoir bien réussi les Mines, et Centrale reste donc plein d’enjeux.
L’accès à l’école n’est pas difficile; on descend à Anthony (ligne B) et on prend un bus, ou on marche un petit quart d’heure.
Le campus, en lui-même, est en demi-teinte ; le stade est grand, et il y a beaucoup de verdure. Les bâtiments, quant à eux, sont vieux et moches, et me font regretter ceux de Faidherbe (c’est dire !)
Le bâtiment principal de l’école centrale des arts et manufactures de Paris
J’arrive au campus le lundi soir, paie une centaine d’euros pour y passer la semaine. L’accueil est sinistre : aucun élève de l’école est présent, mais au contraire… des colonies de vacances, à qui les bâtiments de l’école est loué pendant les vacances. Motivant.
Ma chambre, quant à elle, est partagée par un étudiant très gentil qui rêve de Centrale Nantes ; j’ai récemment appris qu’il l’a obtenu, et je le salue s’il passe ici.
Le mardi 14 juillet, j’ai mes deux épreuves de mathématiques ; elles se passent relativement bien, et je maîtrise nettement mieux Maple que l’examinateur qui s’arrache les cheveux avec.
Le mercredi matin, je passe mon TP de sciences industrielles. Je bloque assez rapidement, et je n’ai pas le droit de passer une question, ce qui fait que je suis passé à coté de beaucoup de choses que j’aurai pû faire.
L’après-midi je n’ai pas d’épreuve, mais un ongle incarné, que je traîne depuis plusieurs semaines, et pars donc me faire opérer à l’hôpital d’Anthony. Pourquoi vous raconter cette anecdote ? Car il m’a été donné des médicaments anti-douleurs, que j’ai pris le lendemain, et qui se sont révélés être de puissants anthalgiques. Le jeudi, c’est donc totalement shooté que je pars à Supélec pour passer l’épreuve de TP de physique.
Supélec, à Gif sur Yvette, et c’est loin de tout. Comptez un long trajet en RER, suivi de vingt minutes de bus au milieu des champs. Le campus en lui-même n’est pas si mal que cela, avec un bâtiment assez original. Comme écrit précédemment, je me sens endormi, tout tourne autour de moi. Mon épreuve était assez simple: étude de circuits à diode. Mais tout s’est terriblement mal passé ; je réussis à peine à écrire mon nom, mon stylo est lourd, et chaque lettre est difficile. Je réponds à deux questions, et je serai finalement récompensé d’un quatre sur vingt.
Supélec, le lieu du plus gros ratage de ma taupe
Le lendemain, je pars à l’IUT de Paris, dans le sixième arrondissement parisien, pour passer mon TIPE. J’ai pris grand soin de jeter les médicaments de la veille à la poubelle, et même si mon pied m’élance, je suis capable de penser. Mon ADS (Analyse de Document Scientifique) porte sur les capteurs photoélectriques, et j’ai cruellement manqué de connaissances personnelles sur le sujet. Mon TIPE, quant à lui, est assez bien passé, même si j’ai le terrible sentiment que mes examinateurs n’ont pas tout compris, comme leurs questions l’ont laissé entendre.
Le samedi 18 juillet au matin, une épreuve d’anglais m’attend: je suis loin d’être bon en anglais. Pourtant, la professeur a l’air de m’avoir trouvé bilingue, a bu mes paroles sur un texte qui prédisait la mort prochaine de la Silicon Valley. L’après-midi, ma première épreuve de physique concernait l’étude simpliste d’un mascaret (vague remontant un fleuve). Les bilans mécaniques sont loins, et j’ai du mal à me remettre dans le bain.
Le dimanche 19 juillet, je pars à l’épreuve de physique-chimie ; j’ai étudié un mobile fictif en physique, et une électrolyse en chimie.
En sortant d’épreuve, un étrange sourire se forme sur mes lèvres… Libre ! Je suis libre ! Nous sommes le 19 juillet, il est 10H06, le ciel d’Anthony est nuageux, et la prépa est derrière moi. Mes livres de chimie n’auront jamais à être réouverts !
Quelques heures plus tard, un avion m’amène sous le soleil corse.
